| Gaston Thorn, premier ministre en 1977 |
De l’autre côté, le mouvement anti-nucléaire n’avait pas pris conscience que le retard du projet de centrale nucléaire à Remerschen constituait en fait une première victoire remporté contre le camp des promoteurs du projet.
Cette victoire n’était pas due à la chance ou au hasard. L’énorme travail de fond réalisé par les adversaires en 1976 commençait à modifier le rapport de force qui était largement en faveur du projet depuis ses débuts en 1972. Cet effort n’était pas visible pour le grand public. Aucun média n’avait vraiment perçu l’importance de la date-butoir du 1er janvier 1976.
Janvier 1977: Marcel Mart jette l’éponge, il déclare renoncer à tout débat public avant la prise de position du parti socialiste.
5 février 1977: le CNAM publie un livre blanc bien étoffé sur le « KKW Remerschen » (KKK: Kernkraftwerk,Centrale Nucléaire). Tiré et vendu à 2500 exemplaires, ce premier ouvrage de fond, publié par une organisation non liée aux lobbies nucléaires, connaît un grand succès. Le livre blanc est autofinancé à 100% par les ventes. Le CNAM devient incontournable dans le débat public.
Cette victoire n’était pas due à la chance ou au hasard. L’énorme travail de fond réalisé par les adversaires en 1976 commençait à modifier le rapport de force qui était largement en faveur du projet depuis ses débuts en 1972. Cet effort n’était pas visible pour le grand public. Aucun média n’avait vraiment perçu l’importance de la date-butoir du 1er janvier 1976.
Janvier 1977: Marcel Mart jette l’éponge, il déclare renoncer à tout débat public avant la prise de position du parti socialiste.
5 février 1977: le CNAM publie un livre blanc bien étoffé sur le « KKW Remerschen » (KKK: Kernkraftwerk,Centrale Nucléaire). Tiré et vendu à 2500 exemplaires, ce premier ouvrage de fond, publié par une organisation non liée aux lobbies nucléaires, connaît un grand succès. Le livre blanc est autofinancé à 100% par les ventes. Le CNAM devient incontournable dans le débat public.19 février 1977: sur la même page du Tagblatt, deux articles de Fernand Weides sont consacrés aux malheurs des deux projets nucléaires de RWE. Dans mon livre, j'aborderai les nombreuses imbrications, similitudes et particularités de ces deux cas d'école. La bataille contre Remerschen, menée au niveau politique luxembourgeois sous l'impulsion du CNAM, a été gagnée avant le début de ce projet mal ficelé.
A Mühlheim-Kàrlich, le projet jumeau de Remerschen, RWE a été attaqué devant les tribunaux par quelques personnes privées, le réacteur nucléaire a été construit avec des coûts dépassant n fois les budgets . Au bout de quelques mois de fonctionnement, le réacteur a été arrêté sur ordre d'un tribunal. Le CNAM avait bien raison de qualifier les réacteurs de Babcock&Wilcox de prototypes hasardeux.
Au Luxembourg, nous avons évité le pire. En Rhénanie, le promoteur RWE s'est comporté de façon étonnamment résignée. C'est à se demander si les quelques mois d'expérimentation vécus par RWE ne les ont pas convaincus d'accepter cette issue honorable, facilitée sans doute par la générosité du contribuable.
Dans son premier article, Fernand Weides montre que le rapport de force concernant le projet Remerschen commence à s'inverser à l'avantage du CNAM. Les promoteurs du projet nucléaire sont poussés dans la défensive. L'image du jeune ministre énergique Marcel Mart commence à ternir. Il semble résigné, il a cherché et trouvé la bonne planque à la Cour des comptes européenne. Au gouvernement, le premier ministre Gaston Thorn descend de son nuage. Il succède à Marcel Mart au ministère de l'économie. Curieux cumul. Comme ministre de l'économie il dirige les opérations et défend les intérêts du cartel nucléaire allemand sur le territoire luxembourgeois. Comme président du gouvernement et ministre des affaires étrangères, il aurait dû empêcher le projet Cattenom, ce qu'il n'a pas fait, loin s'en faut. Le conflit d'intérêt apparaîtra au grand jour en mai 1978...
(à suivre)


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